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Paul Auster

Man in the Dark
Faber and faber
Agregada el 20/12/09

pág. 15. «Escaping into a film is not like escaping into a book. Books force you to give something back to them, to exercise your intelligence and imagination, whereas you can watch a film-and even enjoy it-in a state of mindless passivity.»

pág. 102. «The story is about a man who must kill the person who created him, and why pretend that I am not that person? By putting myself into the story, the story becomes real. Or else I become unreal, yet one more figment of my own imagination.»

pág. 153. «I’m somewhat better now, I think, the problem seemed to diminish as I grew older, but back then, at thirty-five, thirty-eight, forty, I walked around with a feeling that my life had never truly belonged to me, that I had never truly inhabited myself, that I had never been real. And because I wasn’t real, I didn’t understand the effect I had on others, the damage I could cause, the hurt I could inflict on the people who loved me.»

pág. 177. «Bedtime prayers, the rituals of childhood, the gravity of childhood. If I should die before I wake. How fast it all goes. Yesterday a child, today an old man, and from then until now, how many beats of the heart, how many breaths, how many words spoken and heard? Touch me, someone. Put your hand on my face and talk to me…»

City of Glass
Faber and Faber
Agregada el 24/10/09

«New York was an inexhaustible space, a labyrinth of endless steps, and no matter how far he walked, no matter how well he came to know its neighbourhoods and streets, it always left him with the feeling of being lost. Lost, not only in the city, but within himself as well. Each time he took a walk, he felt as though he were leaving himself behind, and by giving himself up to the movement of the streets, by reducing himself to a seeing eye, he was able to escape the obligation to think, and this, more than anything else, brought him a measure of peace, a salutary emptiness within.»

«And then, most important of all: to remember who I am. To remember who I am supposed to be. I do not think this is a game. On the other hand, nothins is clear. For example: who are you? And if you think you know, why do you keep lying about it? I have no answer. All I can say is this: listen to me. My name is Paul Auster. That is not my real name.»

La nuit de l’oracle
Actes Sud
Agregada el 01/08/09

pág. 27. «Ce fut aussi abrupt, aussi définitif, aussi inattendu. J’avais lu des romans où se passaient des choses comme ça, mais j’avais toujours estimé que les auteurs exagéraient l’impact du premier regard – cet instant si abondamment décrit où l’homme contemple pour la première fois les yeux de sa bien-aimée. Pour un pessimiste-né dans mon genre, l’expérience fut un choc absolu.»

pág. 280. «Quel malheur, me disais-je, un homme qui meurt avant d’avoir eu l’occasion de devenir vieux, quelle tristesse de penser à l’œuvre qu’il avait encore à accomplir.»

Moon Palace
Actes sud
Agregada el 01/10/08

«Comme me l’avait un jour lointain expliqué oncle Victor, une conversation ressemble à un échange de balles. Un bon partenaire vous envoie la balle droit dans le gant, de sorte qu’il vous est presque impossible de la rater ; quand c’est à lui de recevoir, il rattrape tout ce qui arrive de son côté, même les coups les plus erratiques et les plus incompétents.»

La chambre dérobée
Actes sud
Agregada el 25/08/08

«Les vies n’ont pas de sens [...]. En général les vies semblent virer abruptement d’une chose à une autre, se bousculer, se cogner, se tortiller. Quelqu’un se dirige dans un sens, tourne court à mi-chemin, s’enlise, dérive, repart. On ne sait jamais rien et on arrive inévitablement à un endroit tout différent de là où on est parti.»

Cité de verre
Actes sud
Agregada el 25/08/08

pág. 6. «New-York était un espace inépuisable, un labyrinthe de pas infinis, et, aussi loin qu’il allât et quelle que fût la connaissance qu’il eût de ses quartiers et de ses rues, elle lui donnait toujours la sensation qu’il était perdu. Perdu non seulement dans la cité mais tout autant en lui-même. Chaque fois qu’il sortait marcher il avait l’impression de se quitter lui-même, et, en s’abandonnant au mouvement des rues, en se réduisant à n’être qu’un œil qui voit, il pouvait échapper à l’obligation de penser, ce qui, plus que toute autre chose, lui apportait une part de paix, un vide intérieur salutaire.»

pág. 49. «Et puis, la chose la plus importante : me souvenir de qui je suis. Me souvenir de qui je suis censé être. Je ne crois pas qu’il s’agisse d’un jeu. Mais, d’un autre côté, rien n’est clair. Par exemple : qui êtes-vous ? Et si vous croyez savoir, pourquoi persistez-vous à mentir à cet égard ? Je n’ai pas de réponse. Voici tout ce que je peux dire : écoutez-moi. Je m’appelle Paul Auster. Ce n’est pas mon véritable nom.»

pág. 74. «Être Auster signifiait être un homme sans intérieur, sans pensées. Et si aucune pensée ne pouvait se présenter à lui, si sa propre vie intérieure lui était devenue inaccessible, il n’y avait donc plus d’endroit où il puisse battre en retraite. En tant qu’Auster, il ne pouvait évoquer aucun souvenir de peur, aucun rêve de joie, car toutes ces choses, en appartenant à Auster, étaient pour lui inconsistantes. Par conséquent il devait uniquement habiter sa propre surface, cherchant hors de lui de quoi se soutenir.»

pág. 88. «La plupart des gens ne font pas attention à ces choses. Ils voient les mots comme des rocs, de grands objets impossibles à déplacer et sans vie, des monades qui ne changent jamais.»

pág. 91. «Un langage qui dira enfin ce que nous avons à dire. Car les mots que nous employons ne correspondent plus au monde. Lorsque les choses avaient encore leur intégrité, nous ne doutions pas que nos mots puissent les exprimer. Mais, petit à petit, ces choses se sont cassées, fragmentées, elles ont sombré dans le chaos. Et malgré cela nos mots sont restés les mêmes. Ils ne se sont pas adaptés à la nouvelle réalité. Par conséquent, chaque fois que nous essayons de parler de ce que nous voyons, nous parlons à faux, nous déformons cela même que nous voulons représenter. Ce qui a fait un gâchis terrible.»

pág. 92. «Mon travail est très simple. Je suis venu à New York parce que c’est le plus désespéré, le plus abandonné de tous les lieux, le plus abject. Ici tout est cassé et le désarroi est universel. Il suffit d’ouvrir les yeux pour voir tout cela. Les gens brisés, les choses brisées, les pensées brisées. Toute la ville n’est qu’un vaste dépotoir. Et cela me sert à merveille.»

pág. 96. «Humpty Dumpty : l’incarnation la plus pure de la condition humaine. Écoutez avec attention, monsieur. Qu’est-ce qu’un œuf ? C’est ce qui n’est pas encore né. Un paradoxe, n’est-ce pas ? Car, comment Humpty Dumpty peut-il être en vie s’il n’est pas encore né ? Et pourtant il est en vie – ne vous y trompez pas. Nous le savons parce qu’il est capable de parler. Qui plus est, c’est un philosophe du langage.»

pág. 97. «Car tous les hommes sont des œufs, d’une certaine façon. Nous existons, mais nous n’avons pas encore réalisé la forme de notre destinée. Nous ne sommes qu’un potentiel, un exemple de non-encore-arrivé.»